Le cri de la sirène

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours ramassé. Bien avant mon passé de louvette et bien avant ces étés passés sur la Côte-Nord à la pourvoirie de mes grands-parents. Je suis une cleptomane de parcelles naturelles. Je crois que c’est dans mon ADN. Est-ce que c’est grave docteur ? 

C’est plus fort que moi ; feuilles, cailloux, morceaux d’écorce, fleurs, cocotte de pin, branche, bout de bois, coquillages, herbes ; je prends. Ne vous inquiétez pas, j’ai dit : je prends, pas j’arrache! Comme une éboueuse de la nature. Je prends et ramasse ce qui est au sol. Je fais le ménage du printemps de la nature, mais à l’année ! Je me rends bien compte que je suis en train de léguer cette habitude à mes enfants.

Lorsque j’étais moi-même enfant, nous habitions un demi-sous-sol en ville. Je crois que tous ces trésors me permettaient de garder une partie de la nature en permanence avec moi. J’aimais me remémorer l’occasion ou j’avais trouvé telles roches ou telles fleurs. C’était peut-être aussi une façon de ramener des souvenirs pas chers ! 

Toujours est-il qu’il faut bien les ranger quelque part ou dans quelque chose ces trésors naturels… Alors ma passion des boîtes, a pu elle aussi être mises à profit. J’ai toujours adoré les boîtes ! Petites, grosses, en bois, en métal, en porcelaine, en osier ; pour ranger bijoux, pastilles ou cigarettes ; n’importe quoi avec un couvercle et qui en cache le contenu, je suis preneuse ! Je finis toujours par trouver quoi mettre dedans.

La nature m’a toujours inspirée et j’ai eu envie de poursuivre ce thème avec la sœur de la boîte rococo. (Voir  article Ma vie en rococo!) Je me suis inspirée de la forêt, mais pour celle-ci, j’y suis allé avec l’eau. Ceux qui me connaissent déjà, savent que je pourrais vivre dans l’eau. J’adore l’eau et tous les éléments qui y vivent sur le dessus comme sous celle-ci. Je ne suis pas trop difficile, j’accepte toutes ses variations ; lac, rivière, piscine, fleuve, bain et mer. Ces différentes étendues, peu importe leur grandeur et grosseur, m’apportent sérénité, bonheur et calme. Ben quoi, l’eau c’est la vie, right !?

J’ai donc mis du bleu en dégradé et de façon inégale pour reproduire un peu les objets décoratifs de style « bord de mer » et je n’avais pas le choix d’y apposer une sirène. Là encore, j’adore les sirènes ! Je crois que j’ai dû en être une dans un autre monde… Elles sont souvent évoqué comme étant des créatures joyeuses, un peu naïves et libres. De séductrice hors pair, elles peuvent se transformer en un instant en animal sauvage et féroce. De plus, depuis des siècles, elles hantent notre imaginaire collectif et nous font rêver. Celle-ci semble provenir directement des années 50. Elle a l’air de se préparer à aller au bal des sirènes, mais en réalité non, c’est juste une journée ordinaire. On la voit dans son quotidien réajuster son toupet avant de sortir ; elle est naturelle, revêtue simplement de sa vraie nature.

Aurons-nous un jour le courage d’incarner cette vraie nature ? De la montrer? De la chérir et de l’encenser ? Quand arrêterons-nous de porter le poids de nos vieilles blessures ? Serons-nous capables de laisser couler le passé ? Je fais le souhait que oui, pour toi, pour moi et pour nous tous.

C’est ainsi que je souhaite vivre dès maintenant comme une sirène. Dans la joie, revêtue de ma vraie nature .  

En continuant de m’émerveiller de la nature, la mienne et celle qui m’entoure. En enseignant à mes enfants comment la préserver et la chérir. Tout en poursuivant nos habitudes de  ramassage afin de faire le ménage, certes, mais aussi afin de lui rendre hommage.